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Phobie scolaire : comment réagir ?

Phobie scolaire - Enseignement a distance - CEDRE
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Votre enfant fait des crises de panique, pleure ou se plaint de douleurs physiques au ventre au moment de partir à l’école ? Ces signaux se multiplient et deviennent de plus en plus fréquents ? Il s’agit peut-être de phobie scolaire. Également nommé « refus anxieux¹ de l’école » par les professionnels de santé, ce phénomène est en augmentation mais encore méconnu. Il se manifeste par l’incapacité répétée et durable de se rendre en cours, signe d’une réelle souffrance pour l’enfant. Comment détecter les signaux d’alerte à temps et éviter l’aggravation de la situation ? Que faire pour aider son enfant ?

Des signes à ne pas négliger 

Pas d’inquiétude si votre enfant a exceptionnellement une migraine subite la veille d’un contrôle de mathématiques ! En revanche, si les maux de tête se répètent, surviennent toujours avant de partir à l’école et disparaissent pendant les vacances, il y a lieu de s’interroger. Si vous sentez une réelle angoisse chez l’enfant, il est important de comprendre ce qui se joue en l’écoutant vraiment. 

Les causes peuvent être très diverses et se cumuler mais le plus souvent la phobie scolaire est le symptôme d’un mal-être profond. Elle peut provenir d’un sentiment récurrent d’humiliation : les situations de harcèlement, mais aussi des troubles des apprentissages, une hyperactivité ou une précocité peuvent générer un sentiment d’échec et d’inadaptation. Un deuil, un divorce dans la famille, une angoisse de séparation peuvent aussi générer une dépression qui s’exprime par ce biais. Dans tous les cas, un blocage anxieux empêche le jeune de se rendre à l’école, de manière incontrôlable : malgré sa volonté, l’enfant est en incapacité d’aller en cours.

C’est un motif de consultation de plus en plus fréquent et la pandémie n’a rien arrangé. Les familles concernées ont besoin de conseils et des solutions concrètes et non de jugement. Quelle aide apporter à l’enfant ? Où trouver les informations et ressources ? Comment alerter l’institution scolaire ? Que faire pour que l’enfant retrouve le chemin de l’école ? 

Une prise en charge encore insuffisante

La phobie scolaire étant récente et encore largement incomprise, les familles rencontrent malheureusement trop souvent des jugements et des conseils inadaptés comme : « il ne faut pas céder, ça va lui passer » ou « c’est juste un caprice » ou même « c’est normal, tu as toujours été trop fusionnel(le) avec ton enfant ».  Pourtant seul un environnement à l’écoute et bienveillant peut permettre d’avancer et de fournir les bonnes réponses. 

De leur côté, les enseignants sont insuffisamment formés pour répondre à des situations parfois complexes. Les infirmiers et les psychologues sont trop peu nombreux alors qu’ils pourraient avoir un rôle de détection précoce des causes pouvant entraîner une phobie scolaire. Résultat, les parents ne se sentent ni compris, ni accompagnés par l’institution scolaire. Malgré les progrès réalisés pour accueillir les enfants à besoins éducatifs particuliers, la phobie scolaire reste le parent pauvre car elle demeure associée à de nombreux préjugés négatifs.

De plus, contrairement à d’autres pays, il n’existe encore en France aucun lieu-ressource facilement identifiable sur le sujet de la phobie scolaire, ce qui n’aide pas à la prise en charge de cette problématique.

Quelles solutions pour lutter contre la phobie scolaire ?

Tout d’abord, il est essentiel de recréer un climat de dialogue avec l’enfant, ainsi qu’avec son entourage éducatif au sens large : enseignants, administratifs, représentants de parents d’élève et délégués de classe… En effet, la coopération de tous les acteurs est nécessaire pour rétablir les conditions du bien-être à l’école et pour traiter certains facteurs comme la violence en milieu scolaire, le harcèlement. Il reste de grands efforts à réaliser dans notre pays, particulièrement mal classé par l’OCDE en matière de résolution collaborative de problèmes à l’école².

Au-delà du cercle scolaire, seule la consultation d’un professionnel de santé, médecin de famille ou pédiatre, permet de vérifier certains points comme l’audition ou la vue. Puis, selon sa situation, le jeune se verra ensuite orienté vers un spécialiste, un pédopsychiatre, un psychologue ou encore un orthophoniste. Cette approche pluridisciplinaire vise à caractériser la phobie scolaire, afin de pouvoir en traiter les causes. 

Il ne faut pas hésiter à vous rapprocher des associations spécialisées : référente sur le sujet depuis sa création en 2008, l’Association Phobie Scolaire  propose des ressources documentaires très instructives, ainsi qu’une « boîte à outils » destinée aux parents. A noter : en cas de harcèlement, l’Etat a récemment mis en place une plateforme web et un numéro vert dédiés. 

Enfin, lorsque la scolarisation présentielle devient durablement impossible, l’enseignement à distance s’avère une bonne solution pour permettre à l’élève de reprendre confiance à son rythme, en prenant du recul face à la situation pour mieux la traiter. 

L’important est de faire baisser la pression, tout en poursuivant la scolarisation sous une forme différente. La maman d’Anaïs témoigne : « Au collège, les autres enfants rejetaient et isolaient notre fille. Anaïs est de nouveau épanouie car elle n’a plus à subir ce stress quotidien. Si j’avais un conseil à donner aux parents, il serait le suivant : écoutez votre enfant, écoutez votre cœur. Pour l’avenir, nous n’imposerons rien à Anaïs. Elle reprendra le chemin de l’école traditionnelle quand elle le souhaitera ».

La phobie scolaire n’est jamais une fatalité, à condition de procurer à l’enfant les conditions d’une prise en charge adaptée et de lui accorder le temps nécessaire pour retrouver un équilibre et une scolarité heureuse.


¹ Les élèves français figurent parmi les plus anxieux et ceux qui présentent une forte défiance envers le système scolaire, par rapport aux autres pays de l’OCDE. Source : PISA 2015

² Source : OCDE, PISA 2015

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